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La course landaise

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Ce qui suit est extrait du site de la FFCL
avec l'aimable autorisation de son président, Michel Lalanne

 

Un peu d’histoire

La course landaise est pratiquée depuis toujours dans le Sud Ouest. Le document authentique le plus ancien conservé aux archives nationales fait état en1457 d’une coutume immémoriale de faire courir vaches et boeufs dans les rues de Saint Sever à l’occasion des fêtes de la Saint Jean. Ensuite, pendant plusieurs siècles, on connaît surtout la tauromachie landaise par les différentes tentatives d’interdiction dont elle fut l’objet à maintes reprises et sans succès.

C’est au cours du XIXème siècle que deux évènements majeurs la firent rentrer dans la modernité. Tout d’abord ce fut l’obligation de pratiquer uniquement les courses dans des lieux délimités et fermés entourés de gradins, et non librement dans la rue comme c’était le cas jusque là. C’est dans cet espace limité de l’arène que naquirent d’abord l’écart puis le saut, les deux figures artistiques de la course landaise.

Ensuite ce fut, en août 1853, l’apparition du bétail d’origine ibérique qui se révéla plus apte que le bétail local à la pratique.

C’est à la fin du même siècle que les toreros landais adoptèrent la tenue qu’ils portent toujours aujourd’hui :

le pantalon blanc et le boléro de couleur agrémenté de paillettes d’or ou d’argent. La corde et le teneur de corde apparurent à la même époque ainsi que les tampons au bout des cornes des coursières les plus dangereuses.

Le vingtième siècle pouvait commencer : tout était en place à peu près dans la forme où vous pouvez le voir aujourd’hui.

Un sport, un patrimoine, un spectacle

La Course Landaiseest un sport régional reconnu par le Ministère de la Jeunesse et des Sports, géré par une Fédération Française créée en 1953. Les acteurs actuels sont des sportifs de haut niveau et leurs prouesses athlétiques font l’admiration detous durant les saisons de plus en plus longues :de début mars à fin octobre.

C’est également, un élément de notre patrimoine culturel et une tradition vivante bien ancrée dans la  modernité. La course landaise est aujourd’hui encore l’événement principal des nombreuses fêtes de village (du plus petit au plus grand !) qui animent et rythment l’été gascon. Assister à une course landaise c’est également être sûr de participer à un spectacle où vibre l’âme gasconne et où l’on peut encore rencontrer de vrais personnages et caractères aussi bien sur les gradins que dans l’arène !

La vache

C’est un animal sauvage, femelle du torode corrida. 15 éleveurs (ganadéros) élèventen semi liberté 1500 vaches landaises dontplus de la moitié sont nées dans les Landes.

Cependant les éleveurs les plus importants achètent chaque année une centaine de vaches jeunes en Espagne dans les élevages de toros braves de la régionde Salamanque pour compléter leur cheptel.

En général la vache sort pour la première fois dans l’arène sans corde à l’âge de 3 ou 4 ans et poursuitsa carrière jusqu’à 13 ans environ. Elle peut vivre plusde 20 ans et pèse entre 300 et 400 kg.(poids d’un taureau : environ 450 à 60

L’écarteur

L'écarteurPersonnage essentiel de la Course Landaise il affronte la vache sauvage du centre de la piste en l’appellant pour provoquer sa charge. Le second, derrière lui aura pour rôle d’attirer l’animal à lui quand l’écart sera effectué. Au bout de l’arène, généralement en face de la présidence là où se trouve le jury et le speaker, l’entraîneur, depuis le refuge, place la vache et la dirige vers l’homme qui l’appelle et la provoque. Au moment où la vache fonce sur lui et donne le coup de tête pour le prendre, il l’esquive d’un écart qui laisse passer la vache au creux de ses reins en perdant le moins de terrain possible par rapport à l’attaque.

Il existe 2 formes d’écart : l’écart sur la feinte l’écarteur attend la vache de pied ferme, les bras croisés sur la poitrine.

A l’approche de la vache il la «jette» du coté opposé où il compte sortir en avançant et inclinant légèrement le buste dans cette direction, invitant ainsi la vache à frapper de coté tout en tournant au dernier instant du coté opposé.

L’écart sur le saut est le plus apprécié et le plus difficile. Quand la vache n’est plus qu’à quelques mètres, l’écarteur fait un saut pieds joints, avançant néanmoins légèrement la jambe opposée au coté où il compte tourner, pour «embarquer» la vache dans cette direction.

Au moment où ses pieds retombent sur le sol et que la vache donne le coup de tête, l’écarteur doit alors pivoter sur l’autre pied pour s’écarter et creuser les reins pour faire passer le corps de la vache.

Si cette stratégie échoue c’est alors la tumade, l’écarteur n’a pas été assez rapide ou n’a pas laissé assez de place la vache le voit, le prend avec ses cornes et le projette violemment au sol.

Le sauteur

Depuis que la course existe, il y a eu des toreros landais qui, au lieu d’écarter, ont préféré sauter les vaches. Cependant, peu à peu depuis les années 1960, cette discipline s’est imposée comme un élément incontournable de la course. Mis à part quelques très rares exceptions aujourd’hui le sauteur est d’abord un gymnaste qui réalise une série de sauts au dessus des cornes en mouvement.

Les pieds dans le béret jambes liées par la cravate est le premier qui fut pratiqué dès le 19eme siècle, il reste le plus difficile à réaliser car il faut, sans élan, s’élever à pieds joint à 1,40 m au minimum au-dessus d’une vache lancée.

Le saut périlleux vrillé est le dernier arrivé, il nécessite une maîtrise parfaite de la gestuelle. Les deux autres, classiques, sont le saut de l’ange, apparemment le plus facile et le saut périlleux classique.

Les hommes en blanc

Ce sont les auxiliaires indispensables au bon déroulement de la course, ils se divisent en deux spécialités.

L'entraîneur :
Il a pour mission principale d'entraîner la vache en bout de piste et la placer correctement au refuge en attentant l'appel de l'écarteur. Il a un rôle primordial dans la " formation " des vaches nouvelles c'est lui qui doit leur apprendre à supporter la corde, il doit s'adapter au caractère différent de chaque vache. La qualité du lâcher de la vache aura aussi une incidence sur le départ et la course de la vache auquel 
l'écarteur devra s'adapter en éventuellement se replaçant dans l'axe d'attaque.

Le second :
Se place derrière l'écarteur au centre de la piste, il le seconde en agitant son mouchoir, attire la vache vers le fond de la piste ; une fois l'écart réalisé la vache ayant perdu de vue l'écarteur ayant l'instinct de se retourner aussitôt. Ce rôle peut être tenu indifféremment par un écarteur un entraîneur ou même un sauteur, le second doit être capable de courir très vite vers le refuge départ arrêté sans se faire rattraper.

Le cordier :
C'est le troisième acteur de l'écart, c'est un rôle généralement confié à un vétéran de la piste, un ancien entraîneur ou un ancien écarteur. Il est fréquent de voir un écarteur mettre fin à une carrière de 20 années pour en entamer une seconde aussi longue à ce nouveau poste.
Sa présence est rendue nécessaire par le fait que la vache apprend vite toutes les subtilités de l'arène et sans ce guide qu'est la corde elle serait plus difficile a replacer rapidement, et vraisemblablement plus dangereuse aussi.
Situé à 45 ° par rapport à la trajectoire de la vache il a pour mission de faire passer la tête de la vache au moment de l'écart, et éventuellement de retenir la coursière si l'homme est pris et projeté au sol. Il doit aussi avoir l'œil pour deviner au simple mouvement de jambe de l'écarteur si celui ci va tourner en dedans ou en dehors.

Le vacher :
Il tient le rôle obscur, il n'apparaît pas en piste, c'est lui qui soigne les vaches chaque jour à la ganaderia, qui les connaît chacune par leur nom, c'est lui qui les fait monter dans le camion le matin de la course, les attachant une par une, et vérifie l'état de leurs tampons au bout des cornes, c'est lui également qui les place chacune dans leurs loges à l'arrivée aux arènes inscrivant à la craie sur la porte le nom de la coursière et l'ordre de sortie prévu par le ganadéro.

L’hymne à la course landaise

La Courselandaise ne se conçoit pas sans musique pour accompagner et rythmer tous les moments du spectacle. Joué par une harmonie ou des bandas, le répertoire est essentiellement espagnol. Cependant un hymne a été écrit pour les écarteurs de course landaise au tout début du XXème siècle. Il accompagne les acteurs au paséo d’ouverture et de fin de course.

Vainqueur de la meilleure animation musicale 2010 l’Harmonie Pomarézienne.

Le musée de la course landaise et sa chapelle

Musée de la course landaiseSitué à la croisée des chemins entre Chalosse et Armagnac, Bascons village fortement attaché à la course landaise, abrite ce Musée, entièrement voué à la conservation et à la mise en en valeur de documents et d’objets relatifs à ce jeu gascon. Les connaisseurs prendront plaisir à y retrouver affiches, cartes postales et autres occasions de se souvenir. Lieu de mémoire, de diffusion et d’échange, ce musée invite aussi les néophytes à partager la passion de ce sport vivant et de ce patrimoine bien ancré dans le présent.

Chapelle de la course landaiseAVierge soutenant un écarteur blessé côté, ouverte tous les jours, la Chapelle Notre Dame de la Course Landaise, lieu du pèlerinage des Coursayres à l’Ascension, présente quelques curiosités : une vierge soutenant un écarteur blessé, un frontal de vache en bois soutenant l’autel et un vitrail évoquant un écart. 
A l’extérieur, le Monument aux morts et le Mémorial Bernard Huguet décédé dans les arènes de Montfort en 1987.

Ouvert du 1er juillet au 31 aoûtmercredi, jeudi et vendredi de 14h30 à 19h
Groupes sur RDV.  

Les différents types de course

La course formelle

C'est la course de référence, celle que suivent assidûment les coursayres de mars à octobre, c'est dans ces courses que se battissent les réputations des hommes et des vaches. Elle dure environ 2 H 15, 2 H 30 avec l'entracte.
8 vaches sortent en première partie pour 9 écarts, dont une sans corde, une vache débutante et une réservée au sauteur.
En seconde partie 6 vaches dont une pour le sauteur, les 2 dernières vaches sont en général les plus réputées les plus dangereuses.
Les courses de compétitions sont appelées course du challenge ( des landes ou de l'armagnac ) elles se déroulent de mars en septembre.

Le concours landais

Avec 2, 3 ou 4 troupeaux, c’est l’occasion de réunir les meilleures vaches de chaque ganaderia concurrente et de les opposer aux meilleurs toreros du moment.

La difficulté vient du fait que chaque homme affronte des vaches qu’il connaît peu.

C’est l’épreuve reine de la Course Landaise, la plus disputée et la plus dangereuse aussi. Les grands concours à 4 troupeaux se déroulent à Aire, à Nogaro (Corne d’or) le 14 juillet et à Mont de Marsan pour les fêtes de la Madeleine, en août celui de Dax est le plus ancien et le plus prestigieux aux yeux des écarteurs.

La course de challenge

Elle fait l’objet d’une compétition organisée de début mars à fin septembre sur le territoire du Landes-Béarn ou de l’Armagnac. 10 vaches minimum sont enfermées dans les loges. 8 sortiront en première partie dont une vache à sauter, une vache sans corde et une vache de l’Avenir (vache qui débute a la corde) et 5 vaches à écarter avec corde.

En deuxième partie il y aura 6 sorties dont 5 vaches à écarter et une à sauter. A la fin de chaque sortie, le jury annonce le résultat

global (total des figures) et la notation de la vache. Ces résultats serviront au calcul du «challenge» qui oppose sur la saison les 4 cuadrillas.

Le jury désigne également les 3 meilleurs écarteurs de la course qui sont invités à monter à l’escalot pour obtenir coupes et récompenses qui reviennent aux écarteurs qui auront exécuté les 10 meilleurs écarts sur 2 vaches différentes.

La course formelle et la course festival

Ce sont celles que suivent assidûment les coursayres tout au long de la saison. C’est là que se bâtissent les réputations des hommes et des vaches. Elles durent environ 2 H 15 avec l’entracte. Elles débutent toujours par le défilé des écarteurs (paséo) au son de la marche Cazérienne.

Pour la saison (temporada), 4 troupeaux (ganadérias) et 4 équipes d’hommes (cuadrillas) sont engagés dans une compétition par équipe et individuelle. Dans une course, la cuadrilla est composée de 7 écarteurs en boléro et de 4 hommes en blanc (le sauteur, les deux entraîneurs et le cordier). Ce type de courses se découvrent principalement en Chalosse, dans le Tursan et l’Armagnac, dans le

nord du Béarn et de la Bigorre. Les courses festival proposent des spectacles plus informels, avec ou sans esprit de compétition, parfois avec toro.

La course de seconde ou promotion

Elle se déroule comme la course de challenge mais avec des cuadrillas dites promotion ou de seconde et qui ne participent pas à la compétition par équipe, le challenge. Cela peut être aussi l’équipe « réserve » d’une cuadrilla de formelle. Des concours viennent également d’apparaître dans le calendrier coursayre.

La course landaise «mixte»

Plus présente sur le littoral, elle est divisée en 2 temps : un premier temps traditionnel avec des vaches moins fougueuses qu’en Formelles et un second temps agrémenté de jeux d’arène, appelés aussi toroball ou toro-piscine, ayant inspiré les jeux télévisés.

L’intervache ou toroball

Ne présente que des jeux. C’est souvent par ce type de jeux que beaucoup de gascons ont pu avoir leur premier contact (quelque fois douloureux) avec les vaches.

Soit un total annuel que varie de 450 à 500 spectacles

La compétition

Les clubs affiliés à la FFCL organisent les compétitions.

La compétition par équipes

C’est la course de challenge, marquée A (Armagnac) ou LB (Landes Béarn). Elle est réservée aux 4 cuadrillas de Formelle, qui se retrouvent en fin de saison pour disputer la coupe des cuadrillas. Les courses ont lieu du 1er dimanche de mars à la mi-septembre.

La compétition individuelle

Elle se déroule à l’occasion des courses de challenge et des concours à plusieurs troupeaux. On l’appelle l’escalot, nom gascon de la petite échelle à laquelle l’écarteur classé 1er de la course va monter, à la fin de la course, pour aller chercher sa récompense.

Le 1er dimanche d’octobre a lieu le championnat de France auquel sont qualifiés le champion des écarteurs sortant et les 5 premiers, ainsi que le champion des sauteurs en titre et les 3 premiers.

Le corps arbitral

En compétition (courses de challenge et concours landais) toutes les figures sont notées par un juré assisté d’un comptabilisateur et d’un assesseur.

Depuis février 2011, ils font partie du corps arbitral de la Fédération Française de la Course Landaise après une formation validée par l’Ecole d’arbitrage. Egalement dans le corps arbitral, un délégué sportif s’assure du bon fonctionnement de la course dans tous

ses aspects : suivi du règlement sportif, qualité de la piste, dispositif de sécurité. Il est le représentant officiel de la FFCL et a tout pouvoir pour agir en son nom si nécessaire.

En 2007 de nouvelles mesures plus strictes, en application dans toutes les autres fédérations sportives, sont venues renforcer l’autorité du corps arbitral malheureusement souvent contestée. Il leur suffira de montrer un foulard jaune pour donner un avertissement ; seul le chef de cuadrilla est habilité à parler au délégué sportif. Un foulard rouge suivra si nécessaire et entraînera des sanctions plus lourdes pour le ou les fautif (s).

La notation du bétail

La course landaise est l’art d’affronter et d’esquiver l’agressivité naturelle de la vache qui, au fil des courses apprend vite le comportement de l‘homme et essaye de le contrer en anticipant son écart ou en le fauchant avec ses pattes. Au fur et à mesure que

la vache gagne en expérience, le rôle du cordier devient de plus en plus important pour diriger la charge de la bête. Toutes les vaches ont une corne préférentielle avec laquelle elles sont plus dangereuses. L’écarteur va donc tourner sur la corne facile tandis que le cordier se tiendra du côté de la corne dure. C’est ce détail qui donne plus de valeur à l’écart dit «intérieur».

Pour leur classement, on distingue 4 catégories

• 1 à 3 pts : les vaches nouvelles, douces et innocentes, s’adaptent bien à la corde, permettent un travail agréable et sans danger.

• 3 à 4 pts : Les vaches brillantes et rapides passent sans saluer, plient la tête sous les chocs et permettent à l’écarteur de s’exprimer avec des risques réduits.

• 5 à 6 pts, 7 ou 8 si « en course » : Les vaches dures, parfois difficiles, pas toujours rapides, posent des problèmes aux écarteurs.

• 9 à 10 pts : Les vaches dangereuses dominent l’homme et l’arène ou au contraire sont magistralement dominées par l’homme qui prend tous les risques.

Les vaches de l’avenir Débutantes à la corde

• 1 à 5 pts : pour la présentation (morphologie, taille des cornes)

• 1 à 10 pts : pour le comportement en piste (départs, fougue, placement et activité)

• 1à 10 pts : pour le travail du toréro, en général expérimenté qui, face à ces vaches, a pour principale mission de mettre en valeur les qualités de cette jeune vache pour la course landaise.

La notation des écarts

Chaque figure est jugée selon la présentation de l’écarteur, l’attaque, le dessin de l’écart et la finition ; également le risque consenti, la valeur de la vache, l’élégance et le style. L’écart est noté de 1 à 5 pts ou de 1 à 7 si réalisé du côté de la corde (écart en dedans) : dangereux puisque le cordier ne peut plus intervenir sur la corde.

Chaque sortie de coursière  comporte 8 écarts comptant pour la compétition .Le jury «pointe» toutes les figures qui rentreront dans le calcul des résultats individuels et collectifs.

Une touche de plein fouet est notée 1 pt sur écart extérieur et 2 pts sur écart intérieur. Une chute est notée 1.5 pts si elle est causée par la patte avant de la vache et 2 pts par la patte arrière (on ajoutera 1pt à ces notes sur un écart intérieur).

La notation des sauts

Les sauts sont notés selon leur difficultés d’ exécution: le saut à la course (2.5pts ), le saut de l’ange (4 pts), le saut pieds joints (5 pts ), le saut périlleux (6 pts) et le saut périlleux vrillé (7 pts).

Les  principales fautes sanctionnées sont l ’exécution du saut hors de l’axe de course de la vache, la réception non bloquée, déséquilibrée ou écrasée, une mauvaise position du corps ou les jambes écartées ou non tendues.

 



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