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LE ZEZENGORRI

Le zezengorri (de zezen taureau et gorri rouge dans le sens de terrifiant en langue basque) est une figure incontournable de la mythologie du pays car il serait le gardien des mondes souterrains où vivrait Mari, réincarnation des forces de la nature autour de laquelle tourne toute l’histoire fantastique du Pays Basque.

La mythologie basque apparaît comme aux antipodes des mythologies gréco-latines auxquelles nous sommes habitués il s’agit d’histoires directement en prise avec les traditions agro-pastorales et donc très en lien avec la Terre et qui s’explique aussi par une christianisation tardive. Mari (que certains voient comme une déesse alors qu’aucune légende ne la décrit comme telle) incarne la réunion de toute les forces de la nature et c’est en ça qu’elle est le personnage central de la mythologie basque. Les personnages légendaires basques ne sont pas des « héros panthéonifiables » ils sont la réincarnation de forces extraordinaire de la nature et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils vivent tous dans le monde chthonien et souterrain : ils ne sont pas au-dessus des hommes, ils sont un concentré de surréalisme illustrant la puissance et le déchainement des éléments naturels.

L’exemple du Zezengorri est flagrant. Taureau rouge à l’apparence et aux forces surnaturelles, il est fortement inspiré des Betizuak (pluriel de Betizu) ces vaches sauvages descendantes directes des aurochs et sa couleur rouge rappelle indéniablement les représentations bovines pariétales qui ornent les nombreuses grottes du Pays Basque. Le Zezengorri est une force terrifiante et maléfique qui a aidé à forger au fil du temps l’identité basque. Il incarne aussi comme pour tous les peuples méridionaux la fascination des basques pour la figure du taureau. Ce n’est pas un hasard s’il a été choisi comme gardien de Mari...

 

 Bête terrible, le Zezengorri a également le pouvoir d’envoyer du feu par les naseaux et la gueule à quiconque le dérangerait. On raconte qu’il suffit de jeter une pierre à l’entrée d’un souterrain pour le réveiller et le voir surgir tel un chalumeau vivant attaquant et poursuivant ses victimes pour les brûler. Dans d’autres légendes ce sont ses cornes qui se transforment en torches et illuminent d’angoisse les forets basques la nuit en représailles du mauvais comportement de certaines personnes. On raconte d’ailleurs que la ville portuaire de Bermeo fut détruite entièrement par un incendie provoqué par un taureau aux cornes et à la queue incandescentes qui descendit en furie du mont Burgo irrité par la mauvaise conduite des habitants

  

Une autre légende mettant en scène le Zezengorri même s’il apparaît en second plan sert de de point de départ à la légendaire tradition de l’hospitalité basque dont l’Observatoire n’est pas le dernier à vanter les mérites...

On raconte que dans une zone reculée proche de Burgoa Mendia une caravane de personnes qui parlaient l’erromitxela (langue gitane propre au pays basque) était poursuivie par un groupe de brigands...Cherchant un refuge les gitans basques réussirent à pénétrer dans une grotte, la voix de Mari sorti soudain des entrailles de la terre :

-Que faites-vous là ?

Surpris les gitans répondirent à Mari :

 -Ne craignez rien nous sommes des gens bien, nous voulons simplement nous installer en terre basque mais nous sommes poursuivis par des bandits.

Mari répondit alors :

-Si vous êtes des gens bien ne vous inquiétez pas j’enverrai de quoi faire fuir ces voleurs, restez dans ma grotte et quand ils seront partis choisissez un bon endroit et installez-vous. Si vous acceptez les lois du pays et que vous les respectez, vous serez toujours les bienvenus chez nous.

Sur ce Mari envoya un terrible Zezengorri qui se chargea de faire fuir les indésirables. Et depuis ce temps les gitans et les basques cohabitent en totale harmonie en Pays Basque...

Puissent ces histoires continuer de circuler sur les terres taurines basques grâce aux voix des aitonas (grands-pères) derniers passeurs de légendes... et que jamais ne s’éteignent les flammes du Zezengorri.

Et parce que l’Observatoire a fait basque en deuxième langue n’oubliez pas ce que dit ce vieux dicton basque : Izena duenak izana du * et courez vite !

(*Ce qui a un nom existe)

Merci à Claude Labat, mythologue basque pour nous avoir guidé dans le dédale de la mythologie basque.

 

( photo Alain Arbouet) 



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