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L'UVTF et l'ONCT exigent de Radio France des excuses et un droit de réponse

 

 

25 juin 2017

 

COMMUNIQUÉ DE L'UVTF

ET DE L'ONCT

 

L'UVTF et l'ONCT saisissent ensemble le Conseil Supérieur de l'audiovisuel, le Médiateur de Radio France, la direction de Radio France et celle de France Inter, suite aux propos inqualifiables tenus sur cette dernière antenne vendredi après-midi à l'encontre de Ivan Fandiño.

Le 17 juin dernier, Ivan Fandiño, torero mondialement respecté, est mort des suites d'un coup de corne reçu dans les arènes de Aire sur Adour le même jour.

Le vendredi 23 suivant, c'est avec effarement et consternation que nous avons pris connaissance de la chanson de Frédéric Fromet diffusée sur France Inter, tout au long de laquelle sont dépassées les limites de la bêtise, ce qui est malheureusement fréquent dans l'émission, mais surtout de l'ignominie.

Comment peut-on perdre à ce point le sens de l'humain et se vautrer dans la méchanceté gratuite, au moment où une famille perd son fils, son époux, son père, et des millions d'aficionados un artiste admiré ?

Même si l'aspect provocateur et de mauvais goût des humoristes ne saurait, par principe, être remis en cause, il apparaît que "les limites admissibles de la liberté d'expression" que fixent la jurisprudence, ont été, en l'occurrence, largement dépassées. La chanson se caractérise, en effet, à la fois par une "volonté délibérée d'offenser" l'ensemble des amateurs de corrida liés à celle-ci par un fort attachement culturel, et une "atteinte aux sentiments d'affliction de la famille en période de deuil".

Nous n'oublions pas, aussi, que le CSA avait sanctionné une radio lorsqu'un animateur s'était réjoui à l'antenne du décès en service d'un policier, sanction confirmée par le Conseil d'État (CE, 20 mai 1996), et la dimension festive donnée à la mort du torero relève manifestement du même type de comportement.

En outre, tout en admettant qu'on ait recours, ainsi que le disait la Cour d'Appel de Paris, à "l'humour macabre le plus grinçant", la chanson incriminée se caractérise par une "hostilité foncière" qui pourrait "susciter, à l'occasion d'un évènement précis, des réactions malsaines, dont l'emploi de la violence" (Paris, 13 novembre 1997), alors que l'activisme anti-taurin connaît régulièrement des débordements.

En autorisant de telles dérives, le service public favorise l'appauvrissement culturel que l'on déplore chez les jeunes générations et nourrit la montée de l'intolérance qui divise profondément notre société sur de trop nombreux sujets.

Apprendre le respect à l'auteur de cette chanson est bien sûr illusoire, mais il n'est jamais trop tard pour sanctionner des excès préjudiciables à une cohabitation harmonieuse entre les diverses communautés culturelles qui forment notre société, si l'on veut éviter que leur multiplication n'entraîne la radicalisation de ceux qui sont pris pour cible.

Pour l'honneur de la radio du service public et pour la crédibilité de ses programmes, nous exigeons des excuses publiques de la part de l'auteur cette agression aussi immonde que gratuite, ainsi qu'un droit de réponse dans le même créneau horaire, afin de rendre justice à l'homme d'honneur que fut le torero cruellement moqué et insulté à l'antenne.

 



La corrida est un patrimoine
culturel immatériel français
 

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