Observatoire National des Cultures Taurines

Observatoire National
des Cultures Taurines

 

ENFANCE ET TAUROMACHIE

 

Après avoir échoué dans sa tentative d’obtenir l’interdiction des corridas au moment de l’adoption par l’Assemblée Nationale de la notion « d’animal sensible », madame la député Florence Abeille demande l’interdiction d’accès aux arènes pour les mineurs, se faisant ainsi le porte-voix de la Fondation suisse « Franz Weber » qui finance depuis de nombreuses années la lutte anti corrida.

Parmi les actions judiciaires menées par la Fondation Franz Weber contre le gouvernement français, on relèvera le recours introduit en vue de la désinscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel de la France. Par décision en date du 3 avril 2013, le Tribunal administratif de Paris a débouté la Fondation Franz Weber de sa requête, au motif que cette fondation « n’avait pas qualité pour agir », et a jugé sur le fond que l’on ne saurait « utilement soutenir que la tauromachie serait contraire à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (TA Paris, 3 avril 2013, 7° section, 1° chambre, n°s 1115219 et 1115577.7).

Le Tribunal administratif a relevé en outre que la corrida est enracinée dans quatre régions du Sud de la France. Il constate qu’elle procure à certains groupes, communautés et individus « un sentiment d’identité et de continuité » contribuant à promouvoir « le respect de la diversité culturelle », conformément aux recommandations de la Convention de l’UNESCO « sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles »,  en date du 20 octobre 2005.

Les arguments développés par la Fondation Franz Weber, et repris par madame Abeille, à l’encontre des supposés effets négatifs de la pratique et de la participation des enfants à la tauromachie, ne résistent pas à une analyse scientifique, conduite, pour l’essentiel, sur les plans anthropologique, juridique et psychologique.

–                      Sur le plan anthropologique, il n’est guère besoin d’insister sur le caractère structurant pour la personnalité de l’enfant que constitue le sentiment d’appartenance à une culture. Il existe en effet, dans les régions de tradition, une culture tauromachique, démontrée par l’importance qu’elle revêt dans ces régions, figurant dans l’argumentaire de la fiche d’inscription au patrimoine culturel immatériel de la France, dont le bien-fondé est attesté par un panel de personnalités scientifiques ayant procédé à son évaluation.

–                      Sur le plan juridique, Plusieurs textes internationaux consacrent expressément le droit des enfants, au même titre que les adultes, au respect de leur identité culturelle, nécessaire à leur épanouissement. Il résulte de ces textes (Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels – Déclaration des Droits de l’enfant du 20 novembre 1959 – Convention Internationale des Droits de l’Enfant de 1989) que toute entrave à l’exercice d’une activité culturelle de l’enfant, en particulier lorsque cette activité s’effectue sous la direction et le contrôle de ses parents, constitue une discrimination. Telle est la raison pour laquelle, la loi pénale française reconnaît à titre d’exception culturelle, la légalité de la pratique de la corrida dans les régions de « tradition locale ininterrompue ». Cette disposition a été considérée par le Conseil constitutionnel conforme à la Constitution.

–                      Sur les plans psychologique et psychiatrique, madame Abeille, reprenant les arguments de la Fondation Franz Weber, soutient que les spectacles taurins seraient nuisibles au développement psychique de l’enfant. Il s’agit là d’une opinion qui ne repose sur aucune assise scientifique, développée au service de mouvements animalistes à vocation abolitionniste, génératrice d’intolérance culturelle et relayée par des réseaux militants agressifs, voire violents.

Lors des Rencontres « Animal et Société », l’Observatoire National des Cultures Taurines a proposé qu’il soit « procédé à une étude permettant d’évaluer la réalité du danger représenté par les spectacles taurins sur les mineurs ». Toutes les organisations anti taurines présentes l’ont refusé, sachant parfaitement que les résultats ne leur seraient pas favorables. Très nombreux sont en effet les psychologues, psychiatres et psychanalistes partisans de l’accès des mineurs à la culture taurine. Pour eux, la corrida « est source d’émotions, de partage affectif, de communion spirituelle, d’hommage à nos racines et de fierté pour nos rameaux… Elle est pour nos enfants une expérience enrichissante proposant des valeurs positives et structurantes dans un respectueux et affectueux partage ». 

A une époque où la lutte contre les « fractures sociales » conduit à prôner le respect des minorités culturelles, il est donc étonnant que des parlementaires français cautionnent une tentative de discrimination menée par une Fondation suisse à l’encontre d’une communauté culturelle forte de deux millions de citoyens français.